Philosophie et Esprit March 17, 2026 5 min de lecture

Le sens de la vie ne se laisse pas dicter par les autres : la liberté selon Adler

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Oiyo Contributeur

Introduction : qui définit votre vie ?

“Tu devrais être heureux dans ce genre de situation”, “voilà ce que signifie réussir”, “à ton âge, tu devrais faire ceci.” Dès notre naissance, nous vivons entourés d’innombrables “significations” définies par le monde. Les attentes de nos parents, les criteres sociaux de la réussite et le regard des autres nous serrent comme un immense filet. Lorsque nous nous en ecartons, nous finissons souvent par nous demander : “Ai-je rate ma vie ?” ou “Quel sens cela a-t-il de vivre ?”

Alfred Adler, lui, répond avec fermeté : “Le sens de votre vie ne peut être décidé par personne d’autre que vous.” La vie ne possède pas d’avance un sens objectif et universel ; c’est le sens que nous lui donnons qui devient notre vie.


1. Rompre avec le déterminisme : le passé ne vous definit pas

La ou Freud soutenait une “théorie des causes”, selon laquelle les blessures du passé, ou traumatismes, déterminent notre present, Adler a propose la teleologie : nous interpretons le passé en fonction de nos buts actuels.

  • Le pouvoir de l’interprétation : Le “fait” d’avoir grandi dans la pauvrété ne peut pas être change. En revanche, choisir d’y voir “la preuve que je suis condamne au malheur” ou “la raison pour laquelle je peux ressentir plus vivement la joie d’accomplir quelque chose” rélève d’un choix present.
  • Nous ne sommes pas esclaves de notre environnement : Adler ne voyait pas l’être humain comme le simple produit de son milieu ou de son passé. Avec les “materiaux” qui nous ont été donnes, nous devenons le soi createur (Creative Self) qui dessine sa propre vie.

2. Le piege du desir d’approbation (Approval Desire)

Beaucoup cherchent le sens de leur vie dans le fait d’être reconnus par les autres. Pour Adler, c’est pourtant l’un des pieges les plus dangereux.

  • Vivre la vie d’autrui : Une vie consacree a satisfaire les attentes des autres n’est, au fond, qu’une vie vecue a leur place. Les autres ne prendront jamais la responsabilite de votre existence.
  • Le courage d’être déteste : Si vous voulez une vie vraiment libre, vous ne devez pas craindre d’être déteste. Ce n’est pas de l’impolitesse ; c’est la decision de separer les taches des autres et les votrès, puis de choisir une vie qui vous ressemble.

3. Le “sens de la vie” est une vérité subjective

Adler insistait sur ce point : “Il n’existe pas de sens de la vie en general. Le sens de la vie est celui que vous vous donnez.”

  • Autodétermination (Self-determination) : L’absence de bonne réponse peut être anxiogène, mais elle signifie aussi une immense liberté. Si vous décidez que “la tasse de café que j’ai bue aujourd’hui donne sens à ma vie”, cela devient une vérité personnelle que personne ne peut nier.
  • Jouer le rôle principal : Vivre, ce n’est pas interpréter un scénario écrit par quelqu’un d’autre. C’est une improvisation dans laquelle vous écrivez vos répliques et ouvrez votre chemin à chaque instant.

4. Contribuer : elargir le sens personnel

Mais se concentrer sur son propre sens de la vie ne risque-t-il pas de tourner a l’egoisme ? C’est ici qu’Adler introduit le concept de sentiment social (Social interest).

  • Le sentiment d’être utile : Quand nous sentons que nous aidons quelqu’un, nous faisons enfin l’expérience concrète de notre valeur. Il ne s’agit pas de se soumettre aux autres, mais de choisir de contribuer dans une relation d’egal a egal.
  • L’harmonie entre liberté et responsabilite : Le vrai sens de la vie se decouvre au point ou l’on preserve son individualite tout en contribuant au bonheur commun. Contribuer aux autres pour être soi-même heureux : voila, chez Adler, l’une des formes les plus hautes du sens de l’existence.

5. Vivre l’ici et maintenant (Here and Now) comme une danse

Ne voyez pas la vie comme une ligne droite vers un objectif final. Si le seul sens de l’alpinisme était d’atteindre le sommet, tout le trajet avant le sommet ne serait qu’une “souffrance inutile”.

  • L’eloge du present : Adler voyait la vie comme une activite d’energeia, complété a chaque instant. Faire ce que je peux faire maintenant et savourer ce que je peux savourer maintenant constitue déjà une forme d’accomplissement et de sens.
  • Une vie sans report permanent : Ne sacrifiez pas le présent au bonheur futur. Le sens que vous donnez à cet instant représente déjà toute votre vie.

Conclusion : faites confiance au pinceau que vous tenez

Le monde n’a pas le droit de parler a votre place de votre vie. La réussite, le bonheur et les valeurs dont il parle ne sont que ses cadres a lui. Vous êtes l’unique peintre devant la toile de votre existence.

A partir d’aujourd’hui, ne recouvrez plus votre vie des attentes d’autrui ni des blessures du passé. Deposez plutot une couleur nette qui dise : “Aujourd’hui, je vivrai avec ce sens-la.” C’est alors que votre vie deviendra une oeuvre d’art digne, belle et incomparable.


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